Le bloc-notes de Benoît Perrin

Écologie subsidiaire, scoutisme, liberté

La loi scoute et Laudato Si’

1 novembre 2015

Méditation proposée à une revue des Guides et Scouts d’Europe.

Le pape François serait-il chef scout dans l’âme ? Notre pédagogie s’inscrit comme un moyen prodigieux de transmettre cette écologie intégrale qu’il appelle de ses vœux. Zoom sur la relecture de notre pratique à la lumière de son enseignement.

Le scout met son honneur à mériter confiance.

Dieu compte sur moi pour « cultiver et garder le jardin » (Gn 2, 15). Il ne s’agit pas de conserver la création sous une cloche de verre, tel le serviteur paresseux de la parabole des talents (cf. Mt 25). Bien plus, je suis appelé à utiliser mon intelligence pour transformer l’univers.

§ 65-75

Le scout est loyal à son pays, ses parents, ses chefs et ses subordonnés.

La tentation de l’orgueil peut me pousser à négliger la providence divine en voulant « sauver le monde » par mes propres forces. Or, la charité exige de donner humblement la priorité à mon devoir d’état.

§ 159-162

Le scout est fait pour servir et sauver son prochain.

Le pape le martelle dans son encyclique : « Tout est lié. » L’écologie environnementale doit être mise dans la perspective d’une écologie intégrale. Par exemple, le respect de la nature ne va pas sans prendre en compte un souci de justice envers mes frères.

§ 137-162

Le scout est l’ami de tous et le frère de tout autre scout.

Le concept d’écologie sociale me pousse à regarder d’abord mon frère scout, mais aussi à penser plus largement aux communautés locales, à la nation et même à la vie internationale. La solidarité que je déploie a des conséquences sur mon environnement.

§ 138-142

Le scout est courtois et chevaleresque.

La qualité de vie n’est pas qu’une question d’argent. Autour de moi, je peux prendre part à une écologie « de la vie quotidienne », par la cordialité avec mon voisinage ou l’entretien de mon logement. Embellir le quotidien, c’est déjà de l’écologie.

§ 147-154

Le scout voit dans la nature l’œuvre de Dieu : il aime les plantes et les animaux.

Aimer la nature ne signifie pas l’idolâtrer. Quand je prends soin des plantes, je reconnais la grandeur des dons que Dieu me fait. Et quand je respecte les animaux, c’est au nom de ma propre dignité humaine.

§ 84-88

Le scout obéit sans réplique et ne fait rien à moitié.

Face à des défis de grande ampleur comme l’accès à l’eau potable, un appel à la conversion individuelle n’est pas une réponse suffisante. Le juste niveau d’action est alors celui de la politique, qui seul permet des décisions coordonnées.

§ 216-221

Le scout est maître de soi : il sourit et chante dans les difficultés.

Ne tombons pas dans le piège des slogans culpabilisants : « Il n’y a pas de petits gestes quand on est soixante millions à les faire. » Si je vis la sobriété en tant que scout et chrétien, est-ce vraiment pour « sauver la planète », ou plutôt pour grandir dans la vertu de tempérance ?

§ 222-227

Le scout est économe et prend soin du bien d’autrui.

Sous la pluie et le froid, face à la tempête en mer, contre la broussaille qui repousse… Comme scout, je suis confronté à une nature parfois difficile. Je sais qu’il en coûte de la soumettre (cf. Gn 1, 28), et j’accueille ses dons avec reconnaissance, par exemple dans la prière du bénédicité.

§ 76-83

Le scout est pur dans ses pensées, ses paroles et ses actes.

L’émerveillement devant la beauté de la création me conduit à l’adoration du Créateur, à l’image de saint François d’Assise. Cette attitude contemplative est la porte d’entrée d’une écologie chrétienne authentique, qui adopte le regard du Christ sur la création.

§ 10-12


Source : Guides et scouts d’Europe, Cahiers Kairos, novembre 2015 [extrait].